Et Claude Giaud, dans la France (octobre 1968) :

"Plus que tout autre, Serge Labégorre sait exalter la sensualité de la couleur. Ses rouges, ses blancs et ses noirs éclatent en ce moment à la Galerie du Fleuve, dans des compositions d'un réalisme certain et nourries d'une puissante sève.

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jeudi, 07 mars 2013 11:23

Céline Edwards Vuillet - 2002

La chapelle de la Sorbonne s'apprête à accueillir les oeuvres de Serge Labégorre. Les Parisiens vont pouvoir admirer le travail de ce peintre de la souffrance, l'un des rares Bordelais contemporains à avoir une notoriété internationale.

Un petit chemin qui serpente entre les vignes en pente douce du Fronsadais, un portail déglingué adossé à deux poteaux surmontés d'une pomme de pin, nous y sommes : d'aspect modeste côté rue, la tanière de Serge Labégorre est une jolie maison de pierres qui réserve bien des surprises. Premier choc, le séjour installé dans l'ancien cuvier, vaste pièce monacale dont les murs blancs sont animés de grandes toiles qui habillent l'espace. Derrière une porte en bois se trouve l'ancien chai dans lequel le peintre a installé son atelier. Un aimabke désordre, des tableaux partout, certains délaissés, des esquisses, une toile sur un chevalet. Le lieu est habité, on y sent une vie transmise par tous ces visages hiératiques qui nous fouillent, nous scrutent avec un regard où se mêlent douleur et sarcasme. Car Serge Labégorre ne fait pas dans la mièvrerie, il travaille dans la dramaturgie. Porte-drapeaux muets de la souffrance humaine, ses personnages semblent figés pour toujours, tels les Pompéiens offerts à l'éternité dans toute leur humanité.

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sorbonnejEn 2002, Serge Labégorre se voyait consacrer une exposition rétrospective nationale à Paris, Chapelle de la Sorbonne, sous l'égide du Ministère de l'Education Nationale et de l'Université de Bordeaux II, en collaboration avec le Grand Conseil du Vin de Bordeaux, le Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux et la galerie parisienne Pierre-Marie Vitoux, commissaire de l'exposition.

A cette occasion, la série des "papes" -il s'agit à plus proprement parlé de cardinaux- fut très remarquée ; "tenant compagnie, comme le fit remarquer dans un sourire le peintre, au Cardinal de Richelieu" dont le tombeau est établi dans cette chappelle.

Deux autres expositions faisaient écho à cet évènement parisien : l'une Galerie Vitoux, rue d'Ormesson (Paris 4ème), consacrée aux personnages et nus de Labégorre et l'autre Galerie Christine Phal, rue Mazarine (Paris 6ème), plus "centrée" sur les crânes et paysages du peintre aquitain.

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mercredi, 06 mars 2013 16:52

Martine Gasnier - 16 novembre 2010

La peinture de Labégorre est entrée dans ma vie par effraction. Alors que je parcourais un peu distraitement une revue d'art, mon regard fut happé par un homme assis, terrible, se détachant sur un fond noir et rouge avec tant d'autorité que je ne pus lui échapper et entreprenais une recherche qui, avec l'aide de la fortune, me conduisit jusqu'à l'oeuvre d'un artiste devant lequel on s'incline.

C'est que, loin des discours fumeux sur l'art contemporain, ou ce qui lui sert parfois d'ersatz, nous sommes là confrontés à l'humain, corps et âme confondus. De leurs prunelles enténébrées, hommes et femmes nous fixent, impitoyables, pour nous entraîner dans leur nuit, peut-être ; pour nous rappeler le tragique de notre condition, toujours.

Et puis il a les nus, torturés, si loin de l'académique quiétude devant laquelle on passe, réssuré.

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mercredi, 06 mars 2013 16:12

Corps à corps

"La peinture est le contact d'un corps avec un corps. Je ne connais que cette relation chair à chair."

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mercredi, 06 mars 2013 16:08

La vie, la mort

"Il m'arrive, à force d'insister, d'entrevoir l'inéluctable déchéance qui habite le visage humain et la mort au sein du vivant. Dans le regard de l'homme, il y a ce qui témoigne du tragique de sa condition, mais aussi le tremblement de vie ou l'espérance qui l'anime."

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mercredi, 06 mars 2013 15:59

Mes personnages m'appellent

"Ce sont mes personnages à un moment donné qui me font la leçon. Ils me rappellent que je ne suis là que parce qu'ils sont là ! Et non l'inverse ! Car le moment vient où l'ordre des choses se renverse et mes personnages en me créant me disent qui je suis. Voilà pour moi le vrai paradoxe. Ils m'appellent, comme s'ils me connaissaient mieux que moi ! Et ce doit être vrai. Je reconnais leur voix et leur voix ne dépend plus de moi. Et ils m'entrainent tellement au delà de moi-même. Ils exigent enfin d'être traités comme des personnes. Ils ont une telle soif d'absolu. Comment parleraient-il encore de désespoir ? Le désespoir est puvérisé !"
(extrait d'un entretien avec Bernard POnty, peintre et écrivain - 1992

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mercredi, 06 mars 2013 11:07

La proie et l'ombre

Ces visages dont je n'aurai pu lever le mystère, la pégnance de ces regards qui se posent sur moi, je les trace en prééminence sur la toile.

Il n'y a pas une seule peinture que j'ai signée, sans cette obsessionnelle présence de la figure humaine, de la haute silhouette d'un corps, né de la nuit à coups de sabre et qui saigne du dedans de moi.

Tout part du réel. Y a t-il d'autre trajet possible que d'installer le visible et de le basculer dans le gouffre où s'agitent tant de remous ?

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mercredi, 06 mars 2013 11:05

Illimité est l'obscur !

"Tout part du réel. Y a t-il d'autre trajet possible que d'installer le visible et de le basculer dans le gouffre où s'agitent tant de remous ?
Illimité est l'obscur ! Entre l'apparence du premier élan et la fulgurance des profondeurs qui l'aspirent, se glisse la vue et s'allonge l'oeil, jusqu'aux portes de la création.
Chaque jour je creuse pour savoir à quoi ça ressemble d'être. La destinée de l'homme est habitée par son angoisse de mourir d'être né. La mort est son plus vieux souvenir : elle tapisse l'arrière-fond et l'entrelace de ces passions que Van Gogh qualifiait de terribles, parce qu'elles incendient nos vies."

"Dès mon adolescence, j'ai su que quelque en nous méritait de ne pas mourir. J'étais dans un esprit d'abandon, de gratitude envers ce qu m'arrivait. La peinture m'a sauvé la vie."
(extrait de "Serge Labégorre. Coups de sabres dans la nuit." ArtsThree)

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mercredi, 06 mars 2013 11:04

un monde en déficit de sens

"Il y a du sens à recréer. Il faut travailler à cela. Le monde est en déficit de sens. Il y a du sens à refigurer le monde. J’ai toujours cru à la prévalence d’un rapport au monde."

"Hier au soir, j'ai discuté avec des jeunes d'ici. Ils m'ont amené à quelques confidences. J'en extrais quelques unes dont la première est qu'il n'a jamais été question pour moi de mettre au rebut les valeurs qui m'ont civilisé. Dans le domaine de l'art, la "table rase" de la fin des années 1960 ne m'est jamais apparue que comme une illusion qui finirait dans l'outrance et l'infantilité ; dans les poubelles de l'histoire."
(extrait discours vernissage exposition DondolandoArte - Italie - octobre 2012)

 

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