dimanche, 07 avril 2013 17:06

Labégorre aux Etats Unis

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Voilà trente ans que Serge Labégorre a les doigts dans la peinture. Trente ans qu'il habite dans ce qu'il appelle la maison et qu'il ne peut en sortir.

L'aménagement avait commencé dans uen adolescence malade, de celles qui laissent couché un jeune homme au mileu de livres épars. Serge Labégorre s'était alors gavé d'images, de reproductions, vengean son incapacité à visiter les musées. Il en a gardé le culte intelligent de 2000 ans de peinture européenne tant il est vrai, dit-il, que " l'on ne peut faire table rase, que le peintre ne peut pas seulement s'intéresser à l'immédiat et que chacun est toujours en filiation de la Renaissance."

Cela étant posé, Labégorre a uen peinture pas vraiment mièvre, plutôt même violente, qui aime faire cohabiter les antagonismes : crânes, visage hiératique et liberté du fond. Les dernières toiles -grands formats- de Labégorre ont gagné en autorité. C'est peut-être ce qui a enlevé l'adhésion d'un directeur artistique de galerie américaine il y a quelques semaines.

En effet, Jim Dockery a découvert le Bordelais. Et sans coup férir, il a proposé à la "Spada Organisation" d'abriter, dans les galeries du groupe, les plus récentes oeuvres de l'artiste. Dans les faits, cela signifie que plus de quarante toiles sont parties pour les USA. La première inauguration aura lieu le 5 nvembre, à Baltimore. Elle sera suivie d'une deuxième en janvier à New York et ainsi de suite, à Chcago, Santa Fé et Los Angeles. Dans le même temps, des revues spécialisées dont "Art in América" publieront des reportages sur l'artiste français.

Serge Labégorre ne restera pas six mois aux Etats Unis, les projets locaux l'occupent aussi. Mais il aura eu le temps d'évoquer, pour les journalistes américains, les grands noms qui l'ont aidé à se construire : Picasso, Matisse, Bacon et de Kooning. Il leur aura dit encore que la peinture " ce doit être quelque chose d'essentiel qui bouleverse et qu'il serait dommage de se priver des retrouvailles de l'homme sur une toile avec son vécu, ses déchirements, ses passions..."

L'émotion, les sentiments ont encore droit de cité dans la peinture de Labégorre ; ces veinards d'Américains vont pouvoir s'en rendre compte. Dommage que nos institutions ne soient pas toujours de grands découvreurs.

Journal Sud Ouest - 27 octobre 1989 - auteur non retrouvé.

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