vendredi, 01 mars 2013 20:11

Lidia Harembourg. Critique d’art.

Écrit par
Évaluer cet élément
(1 Vote)

«Qui regarde l'autre ?

Face à ces portraits hiératiques et puissants, nous sommes confrontés à une réalité, tout en nous faisant complices d'une introspection humaine, brutale. Labégorre peint dans l'urgence d'une capture visuelle volant son intimité au modèle. L'irruption violente du visage, travaillé en séquences s'oppose au reste du corps en partie esquissé et largement peint. Dans sa frontalité, la figure monte du champ pictural brossé d'un geste impulsif, mais réfléchi.

Labégorre affronte la matière pour saisir la vie, ransmuer ces larges balafres roses, vermillon ou carmen en désir et en tendresse de chair. De la texture travaillée en épaisseur surgissent de prus moments picturaux qui s'inscrivent dans une dialectique du visible et du dissimulé.

Formes et couleurs dialoguent ou s'opposent ne creusant l'espace qui rabat au premier plan le personnage dont la présence a rarement été aussi forte. Les audaces picturales sont à l'unisson des pulsions secrètes que Labégorre débusque tantôt par des traits rageurs, épanouis et larges dans une succulence colorée aux nuances tendres et assourdies, tantôt par des lignes nerveuses, incisives et descriptives dans des couleurs contrastées et sonores. Cette liberté est tout à fait contôlée par celui qui a assimilé la leçon des plus grands.

L’affrontement qu’il a choisi d’exprimer, c’est celui de la nuit et du jour, de l’inconnu et du révélé à travers un face à face où ses personnages sont enfermés dans un huis clos angoissant. Il faut se laisser séduire par ces tableaux pièges où le visage aux traits expressifs équivaut à une tombée des masques. »

Lydia Harambourg - La Gazette des arts plastiques et décoratifs - 31 mars 2000.

Lu 2247 fois Dernière modification le jeudi, 07 mars 2013 10:58

Laissez un commentaire