dimanche, 07 avril 2013 17:06

Labégorre aux Etats Unis

Voilà trente ans que Serge Labégorre a les doigts dans la peinture. Trente ans qu'il habite dans ce qu'il appelle la maison et qu'il ne peut en sortir.

L'aménagement avait commencé dans uen adolescence malade, de celles qui laissent couché un jeune homme au mileu de livres épars. Serge Labégorre s'était alors gavé d'images, de reproductions, vengean son incapacité à visiter les musées. Il en a gardé le culte intelligent de 2000 ans de peinture européenne tant il est vrai, dit-il, que " l'on ne peut faire table rase, que le peintre ne peut pas seulement s'intéresser à l'immédiat et que chacun est toujours en filiation de la Renaissance."

Publié dans textes & critiques
jeudi, 07 mars 2013 11:23

Céline Edwards Vuillet - 2002

La chapelle de la Sorbonne s'apprête à accueillir les oeuvres de Serge Labégorre. Les Parisiens vont pouvoir admirer le travail de ce peintre de la souffrance, l'un des rares Bordelais contemporains à avoir une notoriété internationale.

Un petit chemin qui serpente entre les vignes en pente douce du Fronsadais, un portail déglingué adossé à deux poteaux surmontés d'une pomme de pin, nous y sommes : d'aspect modeste côté rue, la tanière de Serge Labégorre est une jolie maison de pierres qui réserve bien des surprises. Premier choc, le séjour installé dans l'ancien cuvier, vaste pièce monacale dont les murs blancs sont animés de grandes toiles qui habillent l'espace. Derrière une porte en bois se trouve l'ancien chai dans lequel le peintre a installé son atelier. Un aimabke désordre, des tableaux partout, certains délaissés, des esquisses, une toile sur un chevalet. Le lieu est habité, on y sent une vie transmise par tous ces visages hiératiques qui nous fouillent, nous scrutent avec un regard où se mêlent douleur et sarcasme. Car Serge Labégorre ne fait pas dans la mièvrerie, il travaille dans la dramaturgie. Porte-drapeaux muets de la souffrance humaine, ses personnages semblent figés pour toujours, tels les Pompéiens offerts à l'éternité dans toute leur humanité.

Publié dans textes & critiques