mercredi, 06 mars 2013 11:06

Le choix de la figuration

"C'est pour sa force évocatrice que j'ai choisi la figuration, pour tisser une immédiate complicité avec celui qui regarde."

"Le doute est un aiguillon qui attise la réflexion. Je savais bien que c'était l'humain qui m'intéressait, même si je m'en reposais parfois en paysageant."

""Quand j'ai choisi ma voie en peinture, l'abstraction régnait en maître. Il m'a semblé alors que tout n'était qu'illusion. Le retour au réel était la seule voie qui m'importait. Nous n'avons accès qu'à une parcelle de réalité. Mais cette parcelle me tirait vers la gravité et j'ai tenté de dégraisser ce fragment jusqu'à l'os. La peinture est faite pour intensifier. Elle est l'intensification de la vie. Je ne me suis jamais soucié de la mode, d'une école, puisque c'est ma vie que je créais."
(extrait de "Serge Labégorre. Coups de sabres dans la nuit." Interview par Armelle Bajard - ArtsThree)

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mercredi, 06 mars 2013 11:05

Illimité est l'obscur !

"Tout part du réel. Y a t-il d'autre trajet possible que d'installer le visible et de le basculer dans le gouffre où s'agitent tant de remous ?
Illimité est l'obscur ! Entre l'apparence du premier élan et la fulgurance des profondeurs qui l'aspirent, se glisse la vue et s'allonge l'oeil, jusqu'aux portes de la création.
Chaque jour je creuse pour savoir à quoi ça ressemble d'être. La destinée de l'homme est habitée par son angoisse de mourir d'être né. La mort est son plus vieux souvenir : elle tapisse l'arrière-fond et l'entrelace de ces passions que Van Gogh qualifiait de terribles, parce qu'elles incendient nos vies."

"Dès mon adolescence, j'ai su que quelque en nous méritait de ne pas mourir. J'étais dans un esprit d'abandon, de gratitude envers ce qu m'arrivait. La peinture m'a sauvé la vie."
(extrait de "Serge Labégorre. Coups de sabres dans la nuit." ArtsThree)

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mercredi, 06 mars 2013 11:05

Artiste : un métier mythique

"Etre artiste est un métier mythique, on n’en connaît jamais, de l’extérieur, les sacrifices matériels qu’il exige. L’image glorieuse qui en est répandue dans le public ne recouvre qu’une illusion."

"Etre peintre est un métier de 'martyr'. C'est un désir permanent. Mais au fond, cette obsession de la peinture est un bienfait car j'ignore ce qu'est l'ennui."
(extrait de 'Serge Labégorre. Coups de sabre dans la nuit' ArtsThree 2011)

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« Il est des hommes qu’il est impossible d’embrasser en quelques lignes. Serge Labégorre est de ceux-là. Celles et ceux qui ont écrit sur lui et son œuvre l’ont amplement souligné : la biographie de Serge Labégorre est un exercice sans fin ; il ne se dit pas, il se rencontre, toujours parcellisé, à travers les regards et les corps, les crânes et les paysages, les hommes et les femmes, solitaires, inquiets, épanouis, perdus, douloureux qu’il peint, autant de jalons dans une vie marquée d’épreuves et de doutes, derrière lesquels on sent optimisme, sensualité, curiosité, intelligence boulimique, profondeur mystique, sérénité.
Serge Labégorre ne se devine pas non plus.

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