Labégorre, Gaerie Zunini, Paris.

Samedi matin. 11 heures, c'était fermé. J'ai pu voir à travers la vitrine de fortes peintures armées par un cerne vigoureux et large indiquant seulement les premières masses des natures mortes ou bien faites de surfaces élémentaires, peintes distinctement et qui s'épaulent au bénéfice de la plénitude du corps féminin, par exemple. Un art dépouillé à l'extrême, que des couleurs ardentes, des gestes vifs, entrainent dans des mouvements d'un lyrisme et d'un enthousiasme peu communs.

Jean Chabanon - Le Monde.

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dimanche, 31 mars 2013 09:40

Labégorre, par Francine Demichel - 2012.

« La peinture moderne commence quand l’homme lui-même ne se vit plus comme une essence, mais plutôt comme un accident. Il y a toujours une chute, un risque de chute : la forme se met à dire l’accident, non plus l’essence. » Gilles Deleuze - Francis Bacon, logique de la sensation.

Collectionner, c’est se procurer des moments d’intense bonheur car on partage le mystère inexpugnable contenu dans chaque œuvre choisie. A force de vivre parmi les tableaux, on acquiert un langage que l’on parvient à partager avec les artistes. Collectionner est une aventure permanente en ce qu’on l’on va toujours vers quelque chose que l’on ne connait pas. Vivre au milieu des œuvres d’art, et notamment des tableaux, c’est accroître son être, se révéler à soi même des aspects enfouis de sa personnalité. Acheter est un parcours solitaire : une œuvre détient une puissance singulière, une présence forte, qui nourrit la vie ordinaire de celui qui l’aime.

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mercredi, 06 mars 2013 16:12

Corps à corps

"La peinture est le contact d'un corps avec un corps. Je ne connais que cette relation chair à chair."

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mercredi, 06 mars 2013 11:02

Création

"La création artistique est un chemin de prière, de transfiguration du quotidien. Rien de plus imaginaire que la réalité.
Il faut une certaine incohérence par où se faufile la créativité.
Il y a à un moment donné comme une sorte d’autonomie créatrice de la peinture où elle agît en quelque sorte pour elle-même.
Voilà comment ça commence.
Après il faut une expérience physique. Le corps peut nous aider. Il ne faut pas le refreiner. C’est par lui que vient l’élan où se faufile la créativité, sinon ça n’existe pas."

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« Il est des hommes qu’il est impossible d’embrasser en quelques lignes. Serge Labégorre est de ceux-là. Celles et ceux qui ont écrit sur lui et son œuvre l’ont amplement souligné : la biographie de Serge Labégorre est un exercice sans fin ; il ne se dit pas, il se rencontre, toujours parcellisé, à travers les regards et les corps, les crânes et les paysages, les hommes et les femmes, solitaires, inquiets, épanouis, perdus, douloureux qu’il peint, autant de jalons dans une vie marquée d’épreuves et de doutes, derrière lesquels on sent optimisme, sensualité, curiosité, intelligence boulimique, profondeur mystique, sérénité.
Serge Labégorre ne se devine pas non plus.

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samedi, 01 décembre 2012 12:08

Bordeaux Base sous marine (avril mai 2005)

bordeaux76bVAvril, mai et juin 2005, la Ville de Bordeaux consacre une immense exposition rétrospective au peintre Serge Labégorre.
Plus de 100 000 visiteurs se sont rendus dans ce lieu singulier et puissant, à la rencontre d'une oeuvre pareillement profonde et sans artifice. L'oeuvre d'un artiste basco béarnais né en banlieue Bordelaise (Talence), en 1932, plus exposé hors de son territoire natal qu'au sein de ses frontières. "Bordeaux offre enfin à l'un de ses grands hommes l'hommage qu'il mérite" écrivait Gérard Gamand dans l'éditorial du numéro de Azart consacré à cette exposition majeure. Exposition inaugurée le mercredi 6 avril 2005 à 18h par Hugues Martin, alors Maire de Bordeaux ; prolongeant ainsi la tradition instaurée par Jacques Chaban Delmas qui ne ratait aucune exposition du peintre, à Bordeaux ou Paris.
"Serge Labégorre traite depuis toujours de la figure humaine. Il ne cesse de peindre des corps et des visages, et mène une réflexion permanente sur la condition humaine.
L'exposition propose une centaine d'oeuvres avec comme fil conducteur la présence de ces corps et les regards croisés de ces visages." (extrait du dossier de presse)

 

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mardi, 27 novembre 2012 17:06

l’articulation de l’âme et du corps

"Rien en art ne se déploie selon un schéma préalable. Il s’agit plutôt d’une logique intérieure perpétuellement réajustée au vivant.
C’est à l’articulation de l’âme et du corps que jaillit le geste. C’est lui qui fait advenir une figure à l’inconnu.
L’intelligence est toujours trop frileuse, elle n’est là que pour enregistrer et décider si c’est habitable au regard in fine.
Mieux vaut s’en remettre à la bourrasque des profondeurs, elle inonde et s’en va."

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