Labégorre, peintre de la région bordelaise, coloriste fougueux, brosse ses toiles à grands traits de couleurs pures qui s'enrichissent de la présence de tons neutres : des blancs et des noirs. C'est un tempérament généreux qui nous fait partager sa joie de vivre à travers des thèmes aussi simples et classiques que des baigneuses et natures mortes composées de pichets et de vases. Les formes parfois enfermées dans des cernes noirs tendent de plus en plus à éclater, se lier à l'espace qui les entoure dans des compositions dynamiques à l'intérieur du cadre toujours trop petit pour en contenir la totalité.

Geneviève Breerette.

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dimanche, 07 avril 2013 16:56

La banale cruauté. Michel Maffésoli.

L'univers de Labégorre nous fait rentrer de plein pied dans ce "concret le plus extrême".

D'une manière inquiétante et calme à la fois ses tableaux donnent à voir l'intime organicité de la vie et de la mort, la plurialité du monde et l'éclatement du donné mondain. L'efflorescence des couleurs, la prégnance du spectacle, l'âcre goût de la décadence, tout cela se mêle pour évoquer la "Formosa duplex" de l'existence. Ses tableaux évoquent à la fois la peur et l'harmonie, ils nous invitent à une déambulation spéculative où se dit la vie courante dans toute sa gravité. Dans un rêve éveillé, et sans prétention critique, il suffit de se laisser mener par la fulgurance des couleurs.

Michel Maffésoli, professeur de philosophie et de sociologie Paris III - Extrait de "La banale cruauté ou l'oeuvre au noir de Labégorre" - cité en 1986.

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mercredi, 06 mars 2013 16:52

Martine Gasnier - 16 novembre 2010

La peinture de Labégorre est entrée dans ma vie par effraction. Alors que je parcourais un peu distraitement une revue d'art, mon regard fut happé par un homme assis, terrible, se détachant sur un fond noir et rouge avec tant d'autorité que je ne pus lui échapper et entreprenais une recherche qui, avec l'aide de la fortune, me conduisit jusqu'à l'oeuvre d'un artiste devant lequel on s'incline.

C'est que, loin des discours fumeux sur l'art contemporain, ou ce qui lui sert parfois d'ersatz, nous sommes là confrontés à l'humain, corps et âme confondus. De leurs prunelles enténébrées, hommes et femmes nous fixent, impitoyables, pour nous entraîner dans leur nuit, peut-être ; pour nous rappeler le tragique de notre condition, toujours.

Et puis il a les nus, torturés, si loin de l'académique quiétude devant laquelle on passe, réssuré.

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mercredi, 06 mars 2013 11:06

La toile, le regard

"Il faut qu'une toile soit durablement habitable au regard."

"... ma fidélité aux traits d'un visage ne levait pas son mystère. Aussi ai-je tenté d'en décacheter un peu l'enveloppe, d'approcher un peu du lieu où l'être se retranche, de ire en somme dans le sensible de la chair les frémissements de l'âme, le grouillement des passions.

La peinture n'est pas que cérébrale. Certes l'artiste pense avec des couleurs et des formes, mais il ne se coupe jamais de son corps réel, et s'il a un peu de sève, son corps pousse des profondeurs soufflantes jusqu'à des violences très pigmentées. Il ne faut jamais perdre le contact avec cet immédiat de la création où s'abreuve l'existence même de la peinture. Accéder au vrai passe par ce chemin, avant que le dernier regard ne s'épuise sur la définitive peau du tableau."

(extrait du discours pour la remise de la Légion d'Hnneur - septembre 2009 - Bouliac (33) France)

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mercredi, 06 mars 2013 11:01

La grande peinture

"Derrière la grande peinture il y a le dévoilement de l’invisible, l’interprétation qui est enfin comme l’histoire de l’esprit."

"Les grands créateurs de la fin du XIXème et du XXème siècle n'ont jamais cessé de s'abreuver à des sources sacrées. Il y a un langage clair, unversel, immédiatement fascinatoire et bouleversant : le langage de la peinture. Sa trame est faite de bien des rivières souterraines, d'influences, de présences et de vécu, qui annoncent fièrement leurs couleurs ! A nous de les lire."
(extrait du discours de Serge Labégorre lors du vernissage à Martignana di PO, Italie - galerie DondolandoArte - octobre 2012)

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