Labégorre, Gaerie Zunini, Paris.

Samedi matin. 11 heures, c'était fermé. J'ai pu voir à travers la vitrine de fortes peintures armées par un cerne vigoureux et large indiquant seulement les premières masses des natures mortes ou bien faites de surfaces élémentaires, peintes distinctement et qui s'épaulent au bénéfice de la plénitude du corps féminin, par exemple. Un art dépouillé à l'extrême, que des couleurs ardentes, des gestes vifs, entrainent dans des mouvements d'un lyrisme et d'un enthousiasme peu communs.

Jean Chabanon - Le Monde.

Publié dans textes & critiques
dimanche, 07 avril 2013 16:56

La banale cruauté. Michel Maffésoli.

L'univers de Labégorre nous fait rentrer de plein pied dans ce "concret le plus extrême".

D'une manière inquiétante et calme à la fois ses tableaux donnent à voir l'intime organicité de la vie et de la mort, la plurialité du monde et l'éclatement du donné mondain. L'efflorescence des couleurs, la prégnance du spectacle, l'âcre goût de la décadence, tout cela se mêle pour évoquer la "Formosa duplex" de l'existence. Ses tableaux évoquent à la fois la peur et l'harmonie, ils nous invitent à une déambulation spéculative où se dit la vie courante dans toute sa gravité. Dans un rêve éveillé, et sans prétention critique, il suffit de se laisser mener par la fulgurance des couleurs.

Michel Maffésoli, professeur de philosophie et de sociologie Paris III - Extrait de "La banale cruauté ou l'oeuvre au noir de Labégorre" - cité en 1986.

Publié dans textes & critiques