dimanche, 07 avril 2013 16:49

Dominique Dussol - Sud Ouest 21/03/1990

A l'étage, on découvre que Serge Labégorre a radicalisé encore son propos. Sa galerie de portraits y gagne en force et en allure.
Implacables, les aplats de couleur y claquent sans violence, mais avec intensité. Dans un format monumental, l'environnement des quatorze portraits est saisissant. Le peintre construit et déconstruit, se livrant à un jeu de massacre sado-masochiste.

Extrait de "Cinq propositions" - à l'occasion de l'exposition du Groupe Pluriel à la Galerie des Beaux Arts - Bordeaux - 1990.

Publié dans textes & critiques
dimanche, 31 mars 2013 09:58

Une peinture grave, réaliste et dense

Les toiles de Labégorre frappent d'abord par leur aspect solide, ses sujets les remplissent avec force et santé. L'impression seconde est la gravité. C'est que le peintre comme le poëte sent le monde qui l'entoure à sa manière. Celle de Labégorre est lucide, réaliste et dense. Il est habité par une connaissance intuitive de l'autre. Et sa palette riche et généreuse est d'une pâte fidèle.

C'est à Paris, au Salon d'Automne qu'il se manifeste pour la première fois, en 1958, puis au Salon de le Jeune peinture, à la Société Nouvelle des Beaux Arts., aux Indépendants, aux Terres Latines etc...

Labégorre ne néglige pas pour autant sa province puisqu'il participe à la Biennale Internationale de Menton, au Salon Art présent de Toulouse, Art Nouveau à Montauban, (les grands marchés) de Bordeaux, Villeneuve sur Lot, Tonneins, Marseille, Sarlat, Brantôme, Pau, La Rochelle.

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dimanche, 31 mars 2013 09:40

Labégorre, par Francine Demichel - 2012.

« La peinture moderne commence quand l’homme lui-même ne se vit plus comme une essence, mais plutôt comme un accident. Il y a toujours une chute, un risque de chute : la forme se met à dire l’accident, non plus l’essence. » Gilles Deleuze - Francis Bacon, logique de la sensation.

Collectionner, c’est se procurer des moments d’intense bonheur car on partage le mystère inexpugnable contenu dans chaque œuvre choisie. A force de vivre parmi les tableaux, on acquiert un langage que l’on parvient à partager avec les artistes. Collectionner est une aventure permanente en ce qu’on l’on va toujours vers quelque chose que l’on ne connait pas. Vivre au milieu des œuvres d’art, et notamment des tableaux, c’est accroître son être, se révéler à soi même des aspects enfouis de sa personnalité. Acheter est un parcours solitaire : une œuvre détient une puissance singulière, une présence forte, qui nourrit la vie ordinaire de celui qui l’aime.

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mercredi, 06 mars 2013 16:52

Martine Gasnier - 16 novembre 2010

La peinture de Labégorre est entrée dans ma vie par effraction. Alors que je parcourais un peu distraitement une revue d'art, mon regard fut happé par un homme assis, terrible, se détachant sur un fond noir et rouge avec tant d'autorité que je ne pus lui échapper et entreprenais une recherche qui, avec l'aide de la fortune, me conduisit jusqu'à l'oeuvre d'un artiste devant lequel on s'incline.

C'est que, loin des discours fumeux sur l'art contemporain, ou ce qui lui sert parfois d'ersatz, nous sommes là confrontés à l'humain, corps et âme confondus. De leurs prunelles enténébrées, hommes et femmes nous fixent, impitoyables, pour nous entraîner dans leur nuit, peut-être ; pour nous rappeler le tragique de notre condition, toujours.

Et puis il a les nus, torturés, si loin de l'académique quiétude devant laquelle on passe, réssuré.

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