"L'angoisse de l'au-delà habite le coeur de l'homme et il y a des réponses naturellement dans la religion". Cette citation de Serge Labégorre peut expliquer a elle seule la présence dans son oeuvre des hommes d'églises. Des cardinaux aux prélats en passant par les quatre toiles de crucifixion, il y a quelque chose de sacré dans cette exposition. Les portraits où dominent le rouge, le violet ou la couleur pourpre sont d'une troublante humanité. La dimension des toiles (2 mètres sur 1, 30 mètre) ajoutent de l'intensité aux personnages., tous semblent questionner le visiteur sur sa propre existence.
L'artiste né en 1932 à Talence est un pur autodidacte. Après avoir intégré à 23 ans, le cercle très prisé des Indépendants et exposé au Salon de la jeune peinture au Musée de l'art moderne à Paris, Serge Labégorre a poursuivi une brillante carrière qui l'a amené à participer à de nombreuses expositions.

Présentation reportage France 3 - Exposition "es reliefs de l'âme", Mérignac - Gironde. 2008.

 

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dimanche, 28 avril 2013 17:26

Témoignant de la présence de l'homme

"La dernière thématique exploitée par le peintre s'attache au paysage. Mais pas à n'importe quel paysage, puisqu'il s'agit presque toujours d'un site habité, architecturé, civilisé, c'est à dire témoignant de la présence de l'homme, écrit Dominique Dussol, journaliste et critique, dans le magnifique catalogue de l'exposition "Labégorre - Les reliefs de l'âme" (Mérignac - vieille Eglise Saint Vincent, avril et mai 2009). Là encore, le recours à des couleurs heurtées, la véhémence de la touche, l'extrême brutalité de la facture témoignenr, plus que jamais, des bouillonnements d'une peinture en révolte.
Serge Labégorre choisit de "s'attaquer" à des édifices en pierre - solides, imposants, presque immuables - et qui ont fait leurs preuves. Ce sont des bastions de résistance contre l'inconsistance des modes passagères, des rochers inaltérables qui se sont inscrits dans le paysage urbain le plus quotidien. Mais une fois encore, il s'agit pour le peintre de libérer les énergies qui s'y sont emmurées depuis des siècles, en ouvrant des brèches béantes pour laisser s'épancher les passions trop longtemps retenues. Aussi oppose t-il à la nature impavide de ces masses monolithes, la fluidité de sa touche, la fugacité de son geste, la tonicité de sa palette. Il répond ainsi à la rationalité des calculs de l'architecte par l'inspirationplus instinctive et jubilatoire du peintre. Au cartésianisme de la règle et du compas, il opose l'empirisme de sa fureur poétique."

Dominique Dussol - extrait de Labégorre - Les reliefs de l'âme.

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