mercredi, 06 mars 2013 16:52

Martine Gasnier - 16 novembre 2010

La peinture de Labégorre est entrée dans ma vie par effraction. Alors que je parcourais un peu distraitement une revue d'art, mon regard fut happé par un homme assis, terrible, se détachant sur un fond noir et rouge avec tant d'autorité que je ne pus lui échapper et entreprenais une recherche qui, avec l'aide de la fortune, me conduisit jusqu'à l'oeuvre d'un artiste devant lequel on s'incline.

C'est que, loin des discours fumeux sur l'art contemporain, ou ce qui lui sert parfois d'ersatz, nous sommes là confrontés à l'humain, corps et âme confondus. De leurs prunelles enténébrées, hommes et femmes nous fixent, impitoyables, pour nous entraîner dans leur nuit, peut-être ; pour nous rappeler le tragique de notre condition, toujours.

Et puis il a les nus, torturés, si loin de l'académique quiétude devant laquelle on passe, réssuré.

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mercredi, 06 mars 2013 16:08

La vie, la mort

"Il m'arrive, à force d'insister, d'entrevoir l'inéluctable déchéance qui habite le visage humain et la mort au sein du vivant. Dans le regard de l'homme, il y a ce qui témoigne du tragique de sa condition, mais aussi le tremblement de vie ou l'espérance qui l'anime."

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mercredi, 06 mars 2013 11:06

La toile, le regard

"Il faut qu'une toile soit durablement habitable au regard."

"... ma fidélité aux traits d'un visage ne levait pas son mystère. Aussi ai-je tenté d'en décacheter un peu l'enveloppe, d'approcher un peu du lieu où l'être se retranche, de ire en somme dans le sensible de la chair les frémissements de l'âme, le grouillement des passions.

La peinture n'est pas que cérébrale. Certes l'artiste pense avec des couleurs et des formes, mais il ne se coupe jamais de son corps réel, et s'il a un peu de sève, son corps pousse des profondeurs soufflantes jusqu'à des violences très pigmentées. Il ne faut jamais perdre le contact avec cet immédiat de la création où s'abreuve l'existence même de la peinture. Accéder au vrai passe par ce chemin, avant que le dernier regard ne s'épuise sur la définitive peau du tableau."

(extrait du discours pour la remise de la Légion d'Hnneur - septembre 2009 - Bouliac (33) France)

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mercredi, 06 mars 2013 11:04

un monde en déficit de sens

"Il y a du sens à recréer. Il faut travailler à cela. Le monde est en déficit de sens. Il y a du sens à refigurer le monde. J’ai toujours cru à la prévalence d’un rapport au monde."

"Hier au soir, j'ai discuté avec des jeunes d'ici. Ils m'ont amené à quelques confidences. J'en extrais quelques unes dont la première est qu'il n'a jamais été question pour moi de mettre au rebut les valeurs qui m'ont civilisé. Dans le domaine de l'art, la "table rase" de la fin des années 1960 ne m'est jamais apparue que comme une illusion qui finirait dans l'outrance et l'infantilité ; dans les poubelles de l'histoire."
(extrait discours vernissage exposition DondolandoArte - Italie - octobre 2012)

 

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mercredi, 06 mars 2013 11:02

Création

"La création artistique est un chemin de prière, de transfiguration du quotidien. Rien de plus imaginaire que la réalité.
Il faut une certaine incohérence par où se faufile la créativité.
Il y a à un moment donné comme une sorte d’autonomie créatrice de la peinture où elle agît en quelque sorte pour elle-même.
Voilà comment ça commence.
Après il faut une expérience physique. Le corps peut nous aider. Il ne faut pas le refreiner. C’est par lui que vient l’élan où se faufile la créativité, sinon ça n’existe pas."

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samedi, 01 décembre 2012 14:30

Limoges (septembre et octobre 2009)

IMG 3189La galerie limougeode "En Aparté" a exposé Serge Labégorre du 19 septembre au 31 octobre 2009.
C'était une première présence de l'artiste figuratif expressionniste français à Limoges.

Cette exposition présentait à la fois des oeuvres très récentes du peintre, mais aussi de plus anciennes, voire quelques oeuvres peintes à ses débuts, dans lesquelles on trouve déjà son geste, son trait, une autorité, pourtant attentive et bienveillante, malgré les brutalités auxquelles notre condition d'homme nous confronte.

A cette même période, fruit de leur rencontre, un magnifique texte de Myriam Soria, universitaire française a été publié, dans le cadre de son étude "Les corps déchirés".

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