mercredi, 06 mars 2013 15:59

Mes personnages m'appellent

"Ce sont mes personnages à un moment donné qui me font la leçon. Ils me rappellent que je ne suis là que parce qu'ils sont là ! Et non l'inverse ! Car le moment vient où l'ordre des choses se renverse et mes personnages en me créant me disent qui je suis. Voilà pour moi le vrai paradoxe. Ils m'appellent, comme s'ils me connaissaient mieux que moi ! Et ce doit être vrai. Je reconnais leur voix et leur voix ne dépend plus de moi. Et ils m'entrainent tellement au delà de moi-même. Ils exigent enfin d'être traités comme des personnes. Ils ont une telle soif d'absolu. Comment parleraient-il encore de désespoir ? Le désespoir est puvérisé !"
(extrait d'un entretien avec Bernard POnty, peintre et écrivain - 1992

Publié dans réflexions
vendredi, 01 mars 2013 20:11

Lidia Harembourg. Critique d’art.

«Qui regarde l'autre ?

Face à ces portraits hiératiques et puissants, nous sommes confrontés à une réalité, tout en nous faisant complices d'une introspection humaine, brutale. Labégorre peint dans l'urgence d'une capture visuelle volant son intimité au modèle. L'irruption violente du visage, travaillé en séquences s'oppose au reste du corps en partie esquissé et largement peint. Dans sa frontalité, la figure monte du champ pictural brossé d'un geste impulsif, mais réfléchi.

Labégorre affronte la matière pour saisir la vie, ransmuer ces larges balafres roses, vermillon ou carmen en désir et en tendresse de chair. De la texture travaillée en épaisseur surgissent de prus moments picturaux qui s'inscrivent dans une dialectique du visible et du dissimulé.

Publié dans textes & critiques