"L'angoisse de l'au-delà habite le coeur de l'homme et il y a des réponses naturellement dans la religion". Cette citation de Serge Labégorre peut expliquer a elle seule la présence dans son oeuvre des hommes d'églises. Des cardinaux aux prélats en passant par les quatre toiles de crucifixion, il y a quelque chose de sacré dans cette exposition. Les portraits où dominent le rouge, le violet ou la couleur pourpre sont d'une troublante humanité. La dimension des toiles (2 mètres sur 1, 30 mètre) ajoutent de l'intensité aux personnages., tous semblent questionner le visiteur sur sa propre existence.
L'artiste né en 1932 à Talence est un pur autodidacte. Après avoir intégré à 23 ans, le cercle très prisé des Indépendants et exposé au Salon de la jeune peinture au Musée de l'art moderne à Paris, Serge Labégorre a poursuivi une brillante carrière qui l'a amené à participer à de nombreuses expositions.

Présentation reportage France 3 - Exposition "es reliefs de l'âme", Mérignac - Gironde. 2008.

 

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dimanche, 07 avril 2013 16:21

Serge Labégorre, par Armelle Bajard

En un regard, tout est posé. Ce qui se joue sur la toile se trouve dans l'œil qui nous accroche. Oubliés les autres acteurs, confinés dans l'obscurité. Qu'ils soient prélats ou simples profanes, les portraits de Serge Labégorre sont ceux de comédiens, surpris dans le pinceau du projecteur. La tragédie, à n’en pas douter, se déroule, lente, inexorable, mais ailleurs. Revenons au regard intense qui fixe. Derrière cette étincelle de vie, une trouée intérieure, une perspective en prise directe avec l'invisible. Cette œuvre répond à une grande tradition théâtrale où le verbe ne déploie sa toute-puissance que dans la retenue et le dosage subtil des silences.

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dimanche, 31 mars 2013 09:40

Labégorre, par Francine Demichel - 2012.

« La peinture moderne commence quand l’homme lui-même ne se vit plus comme une essence, mais plutôt comme un accident. Il y a toujours une chute, un risque de chute : la forme se met à dire l’accident, non plus l’essence. » Gilles Deleuze - Francis Bacon, logique de la sensation.

Collectionner, c’est se procurer des moments d’intense bonheur car on partage le mystère inexpugnable contenu dans chaque œuvre choisie. A force de vivre parmi les tableaux, on acquiert un langage que l’on parvient à partager avec les artistes. Collectionner est une aventure permanente en ce qu’on l’on va toujours vers quelque chose que l’on ne connait pas. Vivre au milieu des œuvres d’art, et notamment des tableaux, c’est accroître son être, se révéler à soi même des aspects enfouis de sa personnalité. Acheter est un parcours solitaire : une œuvre détient une puissance singulière, une présence forte, qui nourrit la vie ordinaire de celui qui l’aime.

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