dimanche, 28 avril 2013 17:26

Témoignant de la présence de l'homme

"La dernière thématique exploitée par le peintre s'attache au paysage. Mais pas à n'importe quel paysage, puisqu'il s'agit presque toujours d'un site habité, architecturé, civilisé, c'est à dire témoignant de la présence de l'homme, écrit Dominique Dussol, journaliste et critique, dans le magnifique catalogue de l'exposition "Labégorre - Les reliefs de l'âme" (Mérignac - vieille Eglise Saint Vincent, avril et mai 2009). Là encore, le recours à des couleurs heurtées, la véhémence de la touche, l'extrême brutalité de la facture témoignenr, plus que jamais, des bouillonnements d'une peinture en révolte.
Serge Labégorre choisit de "s'attaquer" à des édifices en pierre - solides, imposants, presque immuables - et qui ont fait leurs preuves. Ce sont des bastions de résistance contre l'inconsistance des modes passagères, des rochers inaltérables qui se sont inscrits dans le paysage urbain le plus quotidien. Mais une fois encore, il s'agit pour le peintre de libérer les énergies qui s'y sont emmurées depuis des siècles, en ouvrant des brèches béantes pour laisser s'épancher les passions trop longtemps retenues. Aussi oppose t-il à la nature impavide de ces masses monolithes, la fluidité de sa touche, la fugacité de son geste, la tonicité de sa palette. Il répond ainsi à la rationalité des calculs de l'architecte par l'inspirationplus instinctive et jubilatoire du peintre. Au cartésianisme de la règle et du compas, il opose l'empirisme de sa fureur poétique."

Dominique Dussol - extrait de Labégorre - Les reliefs de l'âme.

Publié dans textes & critiques
vendredi, 01 mars 2013 20:11

Lidia Harembourg. Critique d’art.

«Qui regarde l'autre ?

Face à ces portraits hiératiques et puissants, nous sommes confrontés à une réalité, tout en nous faisant complices d'une introspection humaine, brutale. Labégorre peint dans l'urgence d'une capture visuelle volant son intimité au modèle. L'irruption violente du visage, travaillé en séquences s'oppose au reste du corps en partie esquissé et largement peint. Dans sa frontalité, la figure monte du champ pictural brossé d'un geste impulsif, mais réfléchi.

Labégorre affronte la matière pour saisir la vie, ransmuer ces larges balafres roses, vermillon ou carmen en désir et en tendresse de chair. De la texture travaillée en épaisseur surgissent de prus moments picturaux qui s'inscrivent dans une dialectique du visible et du dissimulé.

Publié dans textes & critiques