jeudi, 07 mars 2013 11:23

Céline Edwards Vuillet - 2002

La chapelle de la Sorbonne s'apprête à accueillir les oeuvres de Serge Labégorre. Les Parisiens vont pouvoir admirer le travail de ce peintre de la souffrance, l'un des rares Bordelais contemporains à avoir une notoriété internationale.

Un petit chemin qui serpente entre les vignes en pente douce du Fronsadais, un portail déglingué adossé à deux poteaux surmontés d'une pomme de pin, nous y sommes : d'aspect modeste côté rue, la tanière de Serge Labégorre est une jolie maison de pierres qui réserve bien des surprises. Premier choc, le séjour installé dans l'ancien cuvier, vaste pièce monacale dont les murs blancs sont animés de grandes toiles qui habillent l'espace. Derrière une porte en bois se trouve l'ancien chai dans lequel le peintre a installé son atelier. Un aimabke désordre, des tableaux partout, certains délaissés, des esquisses, une toile sur un chevalet. Le lieu est habité, on y sent une vie transmise par tous ces visages hiératiques qui nous fouillent, nous scrutent avec un regard où se mêlent douleur et sarcasme. Car Serge Labégorre ne fait pas dans la mièvrerie, il travaille dans la dramaturgie. Porte-drapeaux muets de la souffrance humaine, ses personnages semblent figés pour toujours, tels les Pompéiens offerts à l'éternité dans toute leur humanité.

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sorbonnejEn 2002, Serge Labégorre se voyait consacrer une exposition rétrospective nationale à Paris, Chapelle de la Sorbonne, sous l'égide du Ministère de l'Education Nationale et de l'Université de Bordeaux II, en collaboration avec le Grand Conseil du Vin de Bordeaux, le Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux et la galerie parisienne Pierre-Marie Vitoux, commissaire de l'exposition.

A cette occasion, la série des "papes" -il s'agit à plus proprement parlé de cardinaux- fut très remarquée ; "tenant compagnie, comme le fit remarquer dans un sourire le peintre, au Cardinal de Richelieu" dont le tombeau est établi dans cette chappelle.

Deux autres expositions faisaient écho à cet évènement parisien : l'une Galerie Vitoux, rue d'Ormesson (Paris 4ème), consacrée aux personnages et nus de Labégorre et l'autre Galerie Christine Phal, rue Mazarine (Paris 6ème), plus "centrée" sur les crânes et paysages du peintre aquitain.

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