mercredi, 06 mars 2013 11:06

La toile, le regard

"Il faut qu'une toile soit durablement habitable au regard."

"... ma fidélité aux traits d'un visage ne levait pas son mystère. Aussi ai-je tenté d'en décacheter un peu l'enveloppe, d'approcher un peu du lieu où l'être se retranche, de ire en somme dans le sensible de la chair les frémissements de l'âme, le grouillement des passions.

La peinture n'est pas que cérébrale. Certes l'artiste pense avec des couleurs et des formes, mais il ne se coupe jamais de son corps réel, et s'il a un peu de sève, son corps pousse des profondeurs soufflantes jusqu'à des violences très pigmentées. Il ne faut jamais perdre le contact avec cet immédiat de la création où s'abreuve l'existence même de la peinture. Accéder au vrai passe par ce chemin, avant que le dernier regard ne s'épuise sur la définitive peau du tableau."

(extrait du discours pour la remise de la Légion d'Hnneur - septembre 2009 - Bouliac (33) France)

Publié dans réflexions

" Labégorre, ou la fin des regards"
Les couleurs sont rares, en état de choc… L’insondable énigme de la face vient de percuter la frêle surface de la toile…
Aux abords interdits de l’essentiel, l’absolu est à découvert, et Labégorre, en première ligne, fait front. Hauteur hautaine qui prend la mesure du destin, et sait narguer du regard le rouge effaré de l’horreur illuminée.
Ses têtes sont convulsives et chaotiques, dures et terribles, mais plus fières et plus vives que les ténèbres qui les font naître. Ce sont faces à hauteur d’univers, fabuleuses effigies du fragile clan humain, dont les clartés charnelles éclairent avec peine le noir éventré du vide.

Publié dans textes & critiques